Histoire courte
Il y a environ 20 ans de ça, lors d'une dégustation entre professionnels du vin, cavistes, sommeliers, agents et vignerons, l'un d'entre eux sort une bouteille:
“Goutez ça, vous allez être sur le cul!”
La Claque!
A l'époque, nous étions formatés par les vins de foire aux vins, des “grands producteurs” du moment ou bien de la pépite à quelques euros.
Et là, un Tavel 2006 du Domaine de l'Anglore nous ouvrait un autre monde (cf: album Un Autre monde Téléphone)
Nous pensions que le vin n'était qu'un jus de raisin fermenté. Nous avons découvert qu'il pouvait aussi être le produit de nombreuses interventions chimiques. Le vin “naturel”, lui, propose autre chose:
des sols moins pollués et une Pu… d'émotion!
Et pourtant, certains continuent de lui taper dessus. Pourquoi?
1.Parce qu'il dérange un marché énorme
Le vin pèse plus de 20 milliards d'euros en France.
Reconnaitre le vin “naturel”, c'est posé des questions gênantes sur les pratiques de production.
2.Parce que beaucoup jugent après une seule bouteille
“J'en ai gouté un une fois, c'était mauvais.”
C'est comme juger le cinéma après avoir vu un navet.
3.Parce que les palais sont habitués à des vins formatés
Après des années de goûts standardisés, les vins vivants peuvent surprendre.
Il faut parfois réapprendre à goûter.
4.Parce que reconnaitre une erreur est difficile
Quand on rempli sa cave pendant 20 ans, accepter qu'il existe une autre approche du vin peut faire vaciller quelques certitudes.
Plus simple de rejeter en bloc plutôt que de douter.
Au fond, le vin “naturel” ne laisse pas indifférent.
Et c'est peut être justement pour ça qu'il dérange.
Nous ne voulons pas vous imposer le vin “nature”, nous souhaitons par cet article, vous signifier qu'il existe une autre vision du monde du vin qui va si mal.
Que la pollution, quelle qu'elle soit, est un sujet qui touche TOUT le monde.
Que les cavistes, sont les seuls à pouvoir vous aider à découvrir le vin par des conseils avisés et éclairés, qu'ils prennent le temps d'aller voir les vignerons, qu'ils payent le prix que leur travail vaut (autre article à ouvrir sur les achats de vins en GD…)
Que la GD, c'est facile avec le cadis plein, de prendre une bouteille en passant devant le rayon plutôt que de reprendre la voiture pour aller voir votre caviste de quartier.
C'est par cette facilité que les petits commerces disparaissent.
Avez-vous remarqué ? Partout, nos centres-villes finissent par se ressembler.
Il est très facile d’établir une liste, forcément incomplète, des enseignes qui les composent : Starbucks, McDonald’s, H&M, Zara, Sephora, BNP, Optic 2000, Marionnaud, Century 21, Paul, L’Occitane, Orange...
C’est le portrait type d’un centre-ville de taille moyenne ou grande, une trame standardisée que l’on retrouve partout, en permanence.
Ces lieux n’ont plus grand-chose du centre-ville authentique : ce sont devenus de véritables galeries marchandes à ciel ouvert.
Heureusement, partout dans le monde, subsistent des commerces que l'on ne retrouve nulle part ailleurs : des bars, des caves, des restaurants, des hôtels, des librairies, des disquaires, des boulangers, des bouchers, des fromagers, des poissonniers, des épiciers, etc. Des lieux uniques et typiques. Des lieux qui proposent autre chose, autrement. Du goût, de l’authenticité, du savoir-faire, de la convivialité. De la vie, tout simplement !
Alors continuons à les fréquenter, les soutenir, et à y partager de bons moments. Ce sont eux qui nous sauveront de cette triste uniformisation qui empiète déjà trop largement sur nos vies.
Ensemble, en consommant local, nous rendons notre ville plus vivante et plus forte et nous faisons en sorte que le petit commerce survive..

